Échec ou apprentissage ?
Je vous ai déjà parlé de succès. Alors pourquoi maintenant évoquer l’échec ? D’autant que beaucoup d’entre nous en ont connus et en garde un souvenir « cuisant », une grande déception, voire même de la honte.
N’est-ce pas un peu contradictoire ?
Dans une émission de télévision, « Tout le monde en parle », j’ai vu Mikaël Kingsbury qui évoquait sa médaille d’argent aux Jeux Olympiques.
Il visait celle en or et s’était entrainé dans cet objectif, qu’il n’a pas atteint. Lui aussi a été déçu, mais il a su reconnaître : – je cite – « j’ai fait quelques petites erreurs ».
Puis d’évoquer son nouvel objectif et ce qu’il va mettre en place pour l’atteindre grâce à cette expérience.

J’ai repensé à un épisode semblable dans ma vie. Mon échec.

Il y a quelques années, j’ai passé un examen faisant partie de mon cursus pour devenir psychothérapeute en PNL.
Je faisais partie d’une classe d’une vingtaine de personnes et, avec 3 ami(e)s, nous étions les leaders. Nous étudions beaucoup, nous nous encouragions sans cesse, nous étions très dynamiques et soudées.
Le week-end où notre évaluation a eu lieu, nous nous sommes retrouvés dans un centre avec une autre équipe formée dans une autre annexe de l’école. Nous ne les connaissions pas et c’était voulu, afin d’éviter de nous retrouver entre nous pour les pratiques. Nous avions différentes épreuves à passer, réparties sur les 2 jours de présence.
Alors que la veille j’avais excellé dans les techniques, le dimanche, il « semblerait » que je n’ai pas été à la hauteur des attentes de l’enseignant qui devait nous juger sur un travail d’objectif.

C’est alors que je me suis entendue dire que j’étais recalée. Moi !
J’avoue que je l’ai très mal pris, d’autant que tous les commentaires des nouveaux collègues avec qui j’avais travaillé le samedi étaient très élogieux. Cela avait affecté ma confiance en moi ! Et je suis revenue triste et abattue chez moi. J’en voulais à ma prof et je ne comprenais pas cette « sanction injuste, incompréhensible, inadéquate »… j’en passe et des meilleures !
Malgré cette déception, j’ai refait mon année, reprenant les mêmes cours, revoyant les mêmes notions.
Finalement, j’ai été reçue haut la main et je suis même devenue l’assistante de ce professeur. Ce que j’ai appris avec le recul, c’est qu’en fait ce n’était pas un échec, mais un apprentissage.
J’avais quelque chose de plus à acquérir, à approfondir, à m’approprier. J’ai réalisé que la première fois, je connaissais très bien la matière de manière intellectuelle, automatique (je l’avais tellement apprise, rabâchée, revue!) mais pas de manière émotionnelle, instinctive, sensible, ce que cette année supplémentaire m’a apporté.
J’ai travaillé cette notion « d’apprentissage versus l’échec ».
J’ai compris la pensée du Dalaî –Lama qui dit : « Lorsque vous échouez, n’échouez pas la leçon »
Estime de soi… ou apprentissage ?
Ce que nous appelons parfois « échec » n’est souvent qu’un temps d’apprentissage déguisé, une étape supplémentaire sur le chemin de la croissance personnelle. Il met à l’épreuve notre estime de soi, la questionne, la fragilise parfois… mais peut aussi la renforcer.
Apprendre à accueillir ces moments, à leur donner du sens, à y puiser de la force plutôt que de la honte, c’est là que se joue la vraie transformation. Ce n’est pas la réussite immédiate qui construit la confiance, mais la capacité à se relever, à persévérer, à évoluer.
Et si l’échec n’était pas le contraire du succès, mais plutôt son fondement invisible ? Et si notre estime de soi se révélait surtout dans notre manière d’apprendre de nos chutes ?
Alors, la prochaine fois que vous trébucherez, posez-vous cette question : suis-je en train d’échouer… ou d’apprendre ?


Jacqueline ARBOGAST
Entrepreneure, Auteure, Conférencière, Formatrice
@jacquelinearbogast
@strategiesevolution